La fin des années 60 fut marquée par une débâcle gigantesque des valeurs qui jusqu’alors avaient constitué les fondements de la société occidentale. Une déflagration fissura les façades rigides du « vieux monde ». Il y eut comme un élargissement de la conscience, une ouverture, un passage qui libéra une énergie nouvelle qui s’imposa avec force.Lire la suite ![]()
Vivre, ce serait donc se trahir par nécessité et, parfois, malgré soi : il suffit d’observer une journée de notre existence pour constater que répondre aux différents engagements de notre quotidien nous condamne à être infidèles à nous-mêmes. Cet homme, investi professionnellement en tant que manager n’est plus le même, le soir venu, quand il s’adonne à la passion du chant lyrique. Quand il joue avec ses enfants et les accompagne dans leur scolarité, c’est encore un autre homme. « Je est un autre », disait le poète Rimbaud... Plusieurs facettes, donc, pour une seule identité, comme des pièces de puzzle à assembler pour que la silhouette se dessine. « J’ai, depuis la trahison de mon frère parti avec mon épouse, beaucoup réfléchi à la question : j’ai pardonné cet acte qui m’a brûlé le cœur pour pouvoir trouver l’apaisement ; j’ai aussi compris, bien plus tard, que vivre, c’est trahir en permanence, parce que tout évolue, y compris soi-même. » Nous constatons bien, tôt ou tard, l’éternel retour des choses... Nous serions donc engagés à nous maintenir en mouvement pour rester vivants, en évolution. La nature nous offre d’ailleurs une belle leçon : observer un arbre fruitier nous montre que les trahisons, qui passent par des étapes de mutations, sont une manière de célébrer la vie. Nous serions pourtant fidèles à nous-mêmes, par l’éternel retour des fleurs et des fruits, après être devenus, à chaque transformation, un peu morts pour nous- mêmes, afin de mieux renaître...Lire la suite ![]()
Voyager dans l’origine des mots pour comprendre
Faisons un petit voyage dans la terre d’origine des mots, pour comprendre ce qui se joue, en profondeur. Se pencher sur le mot « sacré » nous donne des informations précieuses: c’est un dérivé du nom «sacrement», venant du latin sacramentum qui signifie « serment ». Aussi, rompre ce lien par lequel on s’engage à respecter un accord revient à casser la relation qui unit ceux qui y sont impliqués. Trahir, c’est donc désinvestir le lien, au sens de couper la corde qui relie à l’autre : le mot « relier » a pour origine religare, ou ce qui relie, au sens religieux. La trahison relève donc, symboliquement du sacré.Lire la suite ![]()