
En agriculture biologique en France, seuls les pesticides d'origine naturelle ou minérale peuvent être utilisés. Cette exigence est encadrée par une réglementation stricte à l'échelle européenne et française. À la différence de l'agriculture conventionnelle, les pesticides chimiques de synthèse sont totalement exclus. Ainsi, l'agriculture biologique privilégie des approches plus douces, en harmonie avec l’environnement et la santé humaine.
Les pesticides autorisés dans l'agriculture biologique en France appartiennent essentiellement à plusieurs grandes catégories définies par le cadre européen. On y retrouve des produits d'origine animale ou végétale, tels que les purins végétaux (purin d’ortie, décoction de prêle), les huiles végétales, et les extraits naturels de plantes comme les pyréthrines provenant du chrysanthème. Également utilisés, les micro-organismes tels que le Bacillus thuringiensis ou le Trichoderma permettent une lutte ciblée contre les parasites et les maladies.
Par ailleurs, certaines substances minérales classiques, telles que le soufre, le cuivre (principalement sous forme de bouillie bordelaise), l’hydroxyde de calcium et les argiles (comme le kaolin), sont utilisées comme traitements préventifs et curatifs. Leur emploi est cependant strictement limité en quantité pour éviter tout impact négatif sur l’environnement.
Le Bacillus thuringiensis est particulièrement répandu en agriculture biologique. Ce micro-organisme produit naturellement une toxine efficace contre les chenilles et d'autres insectes nuisibles, sans danger majeur pour les autres organismes vivants. Les pyréthrines naturelles, extraites des fleurs de chrysanthème, sont également très appréciées pour leur efficacité contre une variété d'insectes. Leur usage doit cependant rester modéré, en raison de leur action insecticide puissante.
Le cuivre, sous forme de bouillie bordelaise, reste l'un des traitements fongicides les plus utilisés, notamment pour lutter contre le mildiou. Toutefois, en raison du risque d’accumulation dans les sols, la réglementation limite rigoureusement sa quantité annuelle autorisée par hectare. Le soufre est quant à lui employé pour combattre les champignons pathogènes et certains parasites, tout en nécessitant également une utilisation prudente.
L’usage de pesticides autorisés en agriculture biologique est strictement réglementé : ces substances doivent impérativement être utilisées en dernier recours. En effet, les agriculteurs bio doivent privilégier les méthodes préventives telles que les rotations culturales, l’entretien des sols, la lutte biologique avec des auxiliaires naturels, ainsi que le désherbage mécanique. Ainsi, l'application de ces traitements naturels n’intervient qu’après avoir épuisé toutes les méthodes préventives disponibles, et chaque utilisation doit être justifiée et documentée.
Bien qu’autorisés, les pesticides naturels ne sont pas exempts de risques potentiels. Certaines substances, comme le cuivre et les pyréthrines, peuvent présenter des effets toxiques sur l’environnement ou sur les organismes non ciblés si elles ne sont pas utilisées correctement. Par exemple, l’utilisation excessive de cuivre peut entraîner une accumulation dans les sols, perturbant la vie microbienne et limitant la fertilité à long terme. De ce fait, la réglementation impose des doses maximales très strictes, afin de préserver l’équilibre écologique.
Les pesticides autorisés en bio constituent une sélection rigoureuse de substances exclusivement naturelles ou minérales, encadrées par une réglementation stricte qui garantit leur emploi raisonné. Bien que ces substances soient d’origine naturelle, leur usage doit rester prudent, ciblé et strictement contrôlé afin de préserver la biodiversité, les sols et la santé humaine. Cette approche responsable s'inscrit pleinement dans les principes fondateurs de l'agriculture biologique, qui visent à conjuguer productivité, santé et respect durable de l’environnement.