Sur quoi repose l’édifice maçonnique ?


Il y a les trois grandes 1 Lumières : la Bible , l’Équerre et le Compas.
Il y a les trois colonnes : Force, Sagesse et Beauté. Il y a les trois officiers principaux : le Vénérable Maître, le Premier Surveillant et le Second Surveillant. Il y a les trois grades fondateurs : Apprenti, Compagnon et Maître. Il y a les trois astres du firmament : le Soleil, la Lune et l’Étoile flamboyante. Les trois voyages purificateurs : l’Eau, l’Air et le Feu. Les trois « grands coups » : demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira. Les trois bijoux (selon le manuscrit d’Édimbourg de 1696) : une pierre brute, une pierre cubique et un large ovale (manière cryptée de parler d’un cercle parfait).

La liste des ternaires, en Maçonnerie, est incroyablement riche.
Et ce n’est pas un hasard (d’ailleurs, il n’y a pas de hasard... du moins dans une tradition). Le ternaire est le chiffre essentiel de la Vie. L’Un est éternellement et définitivement un. Le Deux est éternellement et ennuyeusement à l’équilibre. Seul le Trois s’ouvre vers la Vie. Pour qu’il puisse y avoir évolution, complexification, accomplissement, il faut nécessairement (c’est un acquis à la fois des mathématiques et de la physique de la complexité) un moteur tripolaire. Hegel ne s’y était pas trompé...

Les vieilles traditions spirituelles non plus, elles qui le savent depuis toujours au travers de la Trinité chrétienne, de la Triade confucéenne, de la Trimurti indienne et du Triskèle celte, par exemple.
Tout, en Maçonnerie, se fait par Trois : Équerre, Niveau et Perpendiculaire. Le vertical entre l’humain et le Divin (la vérité). L’horizontal entre les initiés parmi les hommes (la fraternité). Et la conjonction des deux dans l’équerre qui symbolise la joie de la rectitude et de l’harmonie reconstituées.

Le septième et dernier des « arts libéraux » était la géométrie, selon les classifications anciennes reprises dans les vieux catéchismes maçonniques comme le Regius qui date de 1390. Et, pour la géométrie, le ternaire s’incarne dans le triangle équilatéral, le premier, le plus simple et le plus pur des polygones. Triangle pouvant se construire soit la pointe en haut, soit la pointe en bas. Verticalités ascendante et descendante. Masculinité et féminité. Ces deux figures forment ensemble le bouclier de David (maguen Dawid, en hébreu) devenu, tardivement, au xive siècle de l’ère vulgaire, un emblème de la judéité. Cette même étoile de David, augmentée d’un point central et faisant passer du double ternaire au septénaire, est appelée « sceau de Salomon ». Voilà un de nos héros, dans ce livre, qui pointe déjà son nez...

Ce même triangle équilatéral orné d’un œil central et auréolé d’une gloire de lumière figure la Trinité chrétienne au milieu de laquelle le regard divin voit tout, même Caïn terré au fond de sa tombe.
Dans la symbolique maçonnique, le triangle équilatéral est détrôné par un autre triangle, rectangle celui-là. Et pas n’importe lequel. Ce triangle rectangle maçonnique est très particulier puisque son petit côté mesure trois unités de longueur, son grand côté en mesure quatre et son hypoténuse, cinq. Cette figure particulière correspond au célèbre théorème de Pythagore puisque 32 + 42 = 5 2. Grâce à ce triangle-là, il était possible, à l’aide d’une corde à treize nœuds équidistants, de tracer au sol un grand angle droit parfait : on attache le premier et le treizième nœud superposés sur le même point au sol, et, à partir de là, on compte trois nœuds et l’on fixe un piquet sur ce quatrième nœud, puis on compte quatre nœuds et l’on fixe ce huitième nœud avec un second piquet. Le triangle obtenu est un triangle rectangle parfait avec, donc, un angle droit parfait. Cette corde à treize nœuds, dans le vocabulaire maçonnique, s’appelle la « houppe dentelée » et chacun de ses nœuds s’appelle un « lac d’amour ».

Ici, c’est d’encore un autre ternaire qu’il va s’agir. Il est composé d’Hiram, du Temple et de Salomon. L’architecte, l’édifice et le roi.

Celui qui fait. Ce qui est fait. Celui pour qui cela se fait. L’agent, l’acte et le but.

      Marc Halévy             
                                                                              

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