L’impact du trouble de langage au quotidien


La communication est omniprésente dans nos activités courantes. C’est pourquoi le trouble de langage a généralement des répercussions visibles sur le quotidien de l’enfant et de sa famille. Chez l’enfant, le trouble de langage affecte surtout le cheminement scolaire, le comportement et les interactions sociales. Ces répercussions seront abordées de façon plus détaillée dans les parties II et III de ce livre. Ces conséquences sont variables : elles dépendent entre autres des ressources de l’enfant et de son habileté à s’adapter. Le soutien qu’il reçoit joue aussi un rôle fondamental, car il influence sa perception des défis et sa capacité à y faire face.
La communication est omniprésente dans nos activités courantes. C’est pourquoi le trouble de langage a généralement des répercussions visibles sur le quotidien de l’enfant et de sa famille. Chez l’enfant, le trouble de langage affecte surtout le cheminement scolaire, le comportement et les interactions sociales. Ces répercussions seront abordées de façon plus détaillée dans les parties II et III de ce livre. Ces conséquences sont variables : elles dépendent entre autres des ressources de l’enfant et de son habileté à s’adapter. Le soutien qu’il reçoit joue aussi un rôle fondamental, car il influence sa perception des défis et sa capacité à y faire face.

À divers moments de sa vie, le jeune atteint d’un trouble du langage peut avoir besoin d’un petit ou d’un grand coup de pouce pour lui permettre de mieux s’intégrer à l’école, au travail et au sein de ses pairs et d’acquérir une plus grande autonomie. Les parents sont généralement les mieux placés pour offrir ce soutien. Ils servent en effet d’éducateurs principaux, mais aussi d’intermédiaires. Les parents doivent souvent faire des démarches pour que l’enfant puisse obtenir l’aide dont il a besoin dans ses divers milieux de vie. Ils sont donc amenés à donner de l’information sur les forces et les faiblesses de leur enfant et à faire valoir ses besoins particuliers. Le fait que ce trouble ne se remarque pas toujours facilement, voire qu’il puisse « passer inaperçu », est une arme à double tranchant. Ce qui peut être vu comme une « chance » au premier regard peut finalement occasionner quelques maux de tête. En effet, lorsqu’une difficulté se présente, les parents doivent souvent mettre les bouchées doubles afin d’ajuster les perceptions et de faire face aux préjugés.

De nombreux parents rapportent ainsi s’être heurtés à l’incompréhension de leur entourage, qui remettait en question leur façon d’aider leur enfant et leurs aptitudes parentales. Cela a évidemment une incidence sur le niveau de stress vécu par les familles.

Il est d’autant plus important de nommer le trouble de langage et de le faire connaître à l’enfant ainsi qu’aux professeurs et aux autres adultes qui l’entourent comme une condition, une différence ou un défi qui nécessite parfois une aide supplémentaire. L’enfant qui a un trouble de langage, même léger, a des besoins particuliers.

Un peu d’histoire
Les connaissances sur le trouble de langage chez l’enfant sont relativement récentes. Des pas de géant ont effectivement été faits dans les 30 dernières années. Ces nouvelles connaissances ont fait évoluer les appellations et les interventions, mais aussi les pratiques permettant d’identifier les enfants. On peut supposer que les nombreuses recherches qui sont en cours nous apporteront d’autres éléments de réflexion et de changement.

On sait depuis longtemps que certains enfants éprouvent des difficultés plus importantes à utiliser et à comprendre le langage, et ce, sans raisons évidentes. Jusqu’à la fin des années 1980, au Québec, on parlait d’audimutité ou d’aphasie congénitale pour faire référence aux enfants qui avaient de la difficulté à parler malgré une audition tout à fait préservée. Le terme dysphasie a commencé à être utilisé à la suite de la parution des travaux de la neurologue Isabelle Rapin et de sa collègue Doris Allen, qui ont eu un fort ascendant au Québec. Celles-ci décrivaient six types différents de dysphasie (sémantique-pragmatique, phonologique-syntaxique, lexicale- syntaxique, déficit de programmation phonologique, dyspraxie verbale, agnosie verbale).

Cette classification était très populaire au Québec dans les années 1990, car elle permettait d’identifier les enfants présentant des difficultés persistantes sur la base d’observations cliniques et d’orienter ensuite les interventions vers les difficultés les plus saillantes. Ces sous-catégories ont toutefois été abandonnées progressivement en raison des zones grises dans les manifestations de ces différents profils et, surtout, de l’instabilité du profil lorsque l’enfant grandit.

Le terme dysphasie est cependant resté. Il était si bien ancré dans la pratique clinique qu’il a été conservé au terme des travaux de modernisation entourant le trouble de langage enclenchés par l’OOAQ en 2003, travaux qui ont mené au choix et à la définition du trouble primaire de langage présentée dans ce chapitre. C’est pour cette raison qu’on rencontre encore communément les deux termes. Quant aux profils des enfants, on préfère maintenant utiliser une description des difficultés qui ressortent lors de l’évaluation pour guider l’intervention.

Au cours des dernières années, des débats ont vu le jour dans les revues scientifiques afin de tenter d’identifier le terme le mieux adapté aux données actuelles et qui permettrait de bien comprendre le trouble de langage pour répondre aux besoins des personnes qui en souffrent. Les termes dysphasie, trouble spécifique de langage, trouble primaire de langage y sont critiqués, mais aucun autre terme ne fait consensus pour les remplacer.

[Informations tirées de Histoire des orthophonistes et audiologistes du Québec (2005) et de Reilly et coll. (2014)].

Nous espérons que les informations contenues dans ce livre amèneront le lecteur à développer une compréhension basée sur des données objectives récentes et à trouver des pistes de solution pour mieux s’adapter aux défis que suppose inévitablement ce trouble. Dans le prochain chapitre, nous aborderons certains mythes concernant le trouble de langage et nous exposerons des faits visant à les déconstruire.

Le trouble de langage est un trouble développemental qui touche entre 7 et 10 % des jeunes, si l’on prend en compte autant ses formes légères que sévères. C’est un trouble persistant, d’origine neurologique, occasionné par des facteurs génétiques auxquels peuvent aussi s’ajouter des facteurs environnementaux et personnels. Il affecte plus souvent les garçons. Il se manifeste par des atteintes linguistiques qui varient d’un enfant à l’autre et dans le temps. Les déficits de langage peuvent être accompagnés d’autres difficultés de développement, généralement plus discrètes, et il peut y avoir des chevauchements avec d’autres troubles de l’enfance. Toutes ces dimensions ont des répercussions dans la vie quotidienne de l’enfant, notamment dans ses apprentissages, sa vie scolaire et sociale et sa communication. La vie de la famille s’en trouve également affectée.


Références
Badcock, N.A., Bishop, D.V.M., Hardiman, M.J., Barry, J.G. et Watkins, K.E. « Co-Localisation of Abnormal Brain Structure and Function in Specific Language Impairment ». Brain and Language 2012 ; 120 : 310-320.
Bishop, D.V.M. «What Causes Specific Language Impairment in Children?» Current Direction of Psychological Science 2006; 15(5): 217-221.
Bishop, D.V.M. « Genes, Cognition and Communication: Insights from Neurodevelopmental Disorders ». The Year in Cognitive Neuroscience: Annals of the New York Academy of Sciences 2009 ; 1156 : 1-18.
Bishop, D.V.M. «Cerebral Asymmetry and Language Development: Cause, Correlate, or Consequence ? » Science 14 juin 2013 ; 340(6138).
Bishop, D.V.M. «Ten Questions about Terminology for Children with Unexplained Language Problems ». International Journal of Communication Disorders 2014 ; 49(4) : 381-415.
Choudhury, N. et Benasich A.A. « A Family Aggregation Study: The Influence of Family History and Other Risk Factors on Language Development». Journal of Speech, Language and Hearing Research 2003 ; 46 : 261-272.

Isabelle Meilleur, Annick Proulx, Tamara Bacheleet, Annik Arsenault

 

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