La mode du TDA/H

Le TDA/H, sujet hautement populaire et d’actualité, est au cœur de nombreuses discussions et fait l’objet d’une multitude d’études scientifiques depuis plusieurs années. Non seulement ce trouble est chronique, mais il peut, pour certaines personnes, constituer un sérieux handicap. Les manifestations évoluent à travers le temps et altèrent généralement de façon considérable le fonctionnement de l’individu sur les plans personnel, familial, scolaire et/ou social.
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Le TDA/H, sujet hautement populaire et d’actualité, est au cœur de nombreuses discussions et fait l’objet d’une multitude d’études scientifiques depuis plusieurs années. Non seulement ce trouble est chronique, mais il peut, pour certaines personnes, constituer un sérieux handicap. Les manifestations évoluent à travers le temps et altèrent généralement de façon considérable le fonctionnement de l’individu sur les plans personnel, familial, scolaire et/ou social.

Quoi qu’en disent les sceptiques ou les mauvaises langues, la nature neurobiologique du TDA/H et sa transmission principalement génétique1 sont clairement établies par la science. Le taux de prévalence est aussi constant à travers les niveaux socio-économiques et les cultures (à tout le moins dans le monde occidental), et oscille entre 5 et 7% des enfants d’âge scolaire. Ce n’est donc pas une invention de notre époque ni un complot visant à enrichir les compagnies pharmaceutiques.
S’il est vrai que l’environnement social et le rythme de vie actuel peuvent faire en sorte que certaines manifestations du trouble soient plus apparentes, il convient aussi de rappeler que les connaissances sur le sujet et le « repérage diagnostique » ont aussi grandement évolué dans les dernières décennies.
De récentes études indiquent qu’entre 35 et 50 % des jeunes TDA/H verront leurs symptômes s’atténuer avec l’âge ou même disparaître complètement avec les années2. TDA/H un jour ne signifie donc pas TDA/H toujours. N’empêche, au moins la moitié des individus présentant le trouble en vivront les effets de façon importante tout au long de leur vie. La médication et le recours à diverses stratégies d’adaptation pourront alors leur venir en aide au quotidien.

Être atteint d’un TDA/H n’exclut en rien le fait d’être aussi connaissant, talentueux et intelligent que les autres ; cela signifie cependant avoir un cerveau qui travaille autrement. Les ados TDA/H, notamment, sont capables des mêmes réalisations que leurs pairs, mais doivent parfois utiliser des moyens différents pour y arriver.

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La pomme et l’orange
La distinction entre l’ado TDA/H et l’ado classique
 peut être illustrée par l’analogie entre les
pommes et les oranges. Ces savoureux fruits
peuvent tous deux donner un excellent jus, à la
condition que l’on s’y prenne adéquatement avec
chacun. L’ado classique est comparable à une orange, dont
un simple procédé permet d’extraire toute la substance, alors que l’ado TDA/H est semblable à une pomme et nécessite des stratégies plus élaborées pour lui permettre de livrer le meilleur de lui-même. Telle devrait être notre approche des ados TDA/H.
— Christiane
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1.    Notons cependant que des sources (confirmées ou hypothétiques) autres que la génétique, telles que la prématurité, la consommation de substances (drogues, tabac, alcool) pendant la grossesse, les traumatismes cérébraux, la pollution et la contami- nation des aliments aux pesticides, sont aussi associées au diagnostic de TDA/H. 

2.    G. Polancyk, et autres (2007). «The Worldwide Prevalence of ADHD: A Systematic Review and Metaregression Analysis », The American Journal of Psychiatry, vol. 164, no 6, p. 942-948. 


 

Ariane Hébert / Christiane Sylvestre

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