Gëorgia Knap : une douleur infinie

Nous sommes en 1882, Gëorgia Knap a 16 ans, ce jour d’avril, quand cheminant sur un chemin de la campagne troyenne, il voit une voiture attelée à un poney perdre une roue et verser dans le fossé. Il se précipite mais la jeune fille qui conduisait s’est déjà relevée. Le jeune homme reste sans voix devant « la plus belle créature que son imagination puisse rêver ! » Il veut parler mais aucun son ne vient rompre l’enchantement. La jeune fille le remercie alors pour son aide et constate son trouble.


Nous sommes en 1882, Gëorgia Knap a 16 ans, ce jour d’avril, quand cheminant sur un chemin de la campagne troyenne, il voit une voiture attelée à un poney perdre une roue et verser dans le fossé. Il se précipite mais la jeune fille qui conduisait s’est déjà relevée. Le jeune homme reste sans voix devant « la plus belle créature que son imagination puisse rêver ! » Il veut parler mais aucun son ne vient rompre l’enchantement. La jeune fille le remercie alors pour son aide et constate son trouble.

S’étant ressaisi, Gëorgia lui propose de réparer son attelage. Après avoir échangé quelques mots et leurs noms, ils se séparent.

Quinze jours plus tard les deux adolescents se retrouvent, mais leurs conditions sociales différentes les obligent à trouver un système pour correspondre tant la peur du scandale tétanise la jeune Andréa.

En faisant le tour de la propriété des Rosenthal, le jeune Knap trouve une tuile descellée, sur le mur de la propriété, pou- vant accueillir leurs échanges épistolaires. Dans le premier mot « posté », il lui propose une romance, Un jour Dieu pour orner son jardin sur la terre, qu’il a composée et lui demande de la chanter, ce qu’elle va faire.

Au cours d’une de leurs rencontres, il tire de sa poche un petit carnet et lui confie :
« Ce que contient ce petit livre vous est dédié et m’est inspiré uniquement par vous : j’ai commencé la semaine dernière la première invention que je créerai afin de devenir riche et pouvoir solliciter de votre père la grande joie d’être votre mari.

Je n’ai plus de sommeil, je cause avec vous toutes les nuits et j’invente toutes sortes de belles choses pour devenir un homme unique dans le domaine des créations destinées à rendre l’humanité meilleure ».

Malgré les précautions prises pour se rencontrer à l’insu du père, une lettre anonyme puis une deuxième :
« [...] depuis... trois mois, le séducteur, un bellâtre qui n’a nullement l’intention d’épouser votre fille passe le mur chaque nuit où vos occupations vous appellent à Paris ; il sera dans votre jardin vendredi à dix heures du soir ; sa maî- tresse le recevra comme à l’habitude dans l’abri de verdure et de chaume qui leur sert de rendez-vous.

Une indiscrétion nous a mis au courant de cette infamie que nous nous empressons de vous signaler... », viennent éveiller quelques doutes chez Firmin Rosenthal. Le soir du rendez-vous annoncé, il va, avec son voisin Léon Dervalle se poster à l’extérieur de la demeure afin de pouvoir mieux appréhender G. Knap. L’auteur de la lettre anonyme a mis entre les mains du père un fusil deux coups, chargé. À la vue d’une ombre blanche le père tire. Un cri atroce de femme lui répond. Celui de sa fille.

Le soir de l’enterrement, Gëorgia se rend sur la tombe provisoire de la jeune fille, détourne les bouquets et plaques qui l’envahissent et doucement, à la pelle, commence à enlever la terre. Arrivé au cercueil, il l’ouvre, se met à côté d’Andréa, place dans sa bouche le canon de l’arme qu’il a sur lui et tire.

Fort heureusement, l’arme explose simplement car la balle est trop grosse pour le canon. Retrouvé inanimé le jeune homme est dissimulé et soigné afin que le père, bien décidé à venger sa fille, continue d’ignorer l’identité de Gëorgia.

Conscient que la mort n’a pas voulu de lui, le jeune garçon va vivre, vivre une vie merveilleuse faite de créations fantastiques inspirées par un amour démesuré. Ce qu’il a promis à Andréa, il va le réaliser, méthodiquement, tout au long de sa vie.

Le petit carnet de Gëorgia Knap
« Toutes les promesses contenues dans le petit carnet de G. K., et dont l’amour tourna les pages, furent exécu- tées l’une après l’autre et dans l’ordre où elles avaient été conçues, et c’est pour les réaliser lui-même qu’il dut apprendre tous les métiers nécessités par ces impressionnants travaux uniques dans les annales du savoir humain. »

 

                                                                                         
          Lionel Clergeaud   

 

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