Les grands principes de L’homéopathie


Ils sont au nombre de trois : la similitude, l’infinitésimalité et une conception particulière de la maladie et du malade que l’on peut qualifier de globalité.

La similitude
C’est le principe de base de l’homéopathie, déjà énoncé dans l’Antiquité par Hippocrate et réexpérimenté au xviiie siècle par Hahnemann. On donne pour soigner un malade le même médicament qui, expérimentalement et chez un individu sain, provoque la même série de symptômes dont souffre le patient. Les semblables se guérissent donc par les semblables, contrairement à l’allopathie (du grec allos qui signifie « autre » ou « différent »), qui utilise une substance médicamenteuse pour lutter contre un symptôme (loi des contraires). Ainsi, si un individu en bonne santé est piqué par une abeille, il va ressentir une douleur vive, suivie d’un œdème avec sensation de brûlure que l’on peut soulager en appliquant une compresse froide. Par analogie, devant un malade souffrant de douleur articulaire brûlante, accompagnée d’un œdème et calmée par des compresses froides, l’homéopathe aura tendance à prescrire Apis mellifica (médicament préparé à partir d’une dilution d’abeille) pour le soulager.

L’infinitésimalité
Hahnemann se rend vite compte que de nombreuses substances sont trop toxiques pour être administrées à dose pondérale. Il décide donc de les donner en doses infimes, après les avoir diluées et dynamisées plusieurs fois, selon le principe Primum non nocere (d’abord ne pas nuire). Il capte ainsi l’énergie du remède, tout en évitant les effets indésirables. C’est pour cela que l’homéopathie est une médecine sans effet secondaire qui peut être prescrite sans contre-indications à tout le monde, des nouveau-nés aux vieillards en passant par les femmes enceintes.

La globalité
Contrairement à l’allopathie qui se focalise sur les symptômes, l’homéopathie s’intéresse plus au malade dans sa globalité. Au-delà des symptômes, elle prend en compte la façon dont ils s’expri- ment chez le patient, M. ou Mme X à un instant donné. Elle ne soigne donc pas une maladie mais plutôt un malade. Elle s’intéresse au comportement qui prend également en compte les particularités psychologiques du patient. En clair, l’homéopathe ne soignera pas la douleur en prescrivant le même antalgique pour tous. Il soignera le patient qui a une façon bien spécifique de manifester sa souffrance.

Prenons l’exemple d’une douleur due à un traumatisme musculaire ou à une contracture musculaire :
• Si la douleur est d’origine grippale ou sportive, que le patient souffre au moindre mouvement, présente des courbatures musculaires et ne supporte même plus son lit qu’il trouve trop dur,
on prescrira Arnica montana.

• Si la douleur est apaisée au repos ou lorsqu’on exerce une pression sur la zone endolorie ou
si spontanément le malade se couche du côté douloureux, on choisira Bryonia alba.

• Si au contraire la douleur est apaisée par le mouvement, on donnera Rhus toxicodendron.

• Si le patient souffre en silence, qu’il s’enferme dans sa chambre et apparaît stoïque, on pourra
conseiller Sepia.

• Si au contraire ses douleurs s’accompagnent de pleurs, que la personne recherche la conso-
lation et que l’air frais lui fait du bien, on donnera Pulsatilla.

Albert-Claude Quemoun

 


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