Les avantages santé du vélo

 

Les avantages des transports actifs, dont le vélo, sont tels qu’on peut se demander pourquoi une grande part des déplacements n’est pas d’ores et déjà réalisée par ces moyens.
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Les avantages des transports actifs, dont le vélo, sont tels qu’on peut se demander pourquoi une grande part des déplacements n’est pas d’ores et déjà réalisée par ces moyens.

On appelle « transports actifs » les transports qui utilisent les muscles comme moteur. Le potentiel des transports actifs est sans doute de l’ordre de 80 % de ce qui se fait actuellement avec des transports passifs (ou trans- ports motorisés, c’est-à-dire ceux qui sont réalisés par les automobiles, deux-roues à moteur et transports en commun).

Si nous opérons cette mutation, les avantages seront tellement considérables pour les personnes, les collectivités territoriales, l’État, les systèmes sociaux... qu’un nombre appréciable de maux de nos sociétés « modernes » finiront par disparaître.

Les trois quarts de la population ont un niveau d’activité physique inférieur à celui qui a un effet bénéfique sur la santé. Les mêmes trois quarts ont une puissance musculaire inférieure à un watt par kilo, c’est-à-dire celle d’un insuffisant cardiaque. Le médicament de ce qui peut être consi- déré comme une maladie immédiatement curable est le patient lui-même. L’usage de ce médicament, à savoir, se déplacer en mode actif, permettrait de désengorger le système de santé tout en rendant la Sécurité sociale excédentaire. Il supprimerait des souffrances, angoisses et stress aussi bien pour les malades que pour leurs proches.

Ce remède permettrait de traiter les deux terribles fléaux, très sous- estimés et pourtant supportés comme des malédictions inévitables, que sont la pollution atmosphérique et le bruit. Cela réduirait aussi notre dépendance aux énergies fossiles.

En outre, cela diminuerait les dépenses des collectivités territoriales, car le coût des infrastructures liées au vélo est bien inférieur à celui demandé par les véhicules motorisés.
Cela régénérerait le commerce de proximité.

Cela participerait à la résolution du problème de l’étalement urbain.

Cela rendrait plus performants élèves et étudiants dans leur apprentissage.
Mais pour que cela advienne, il faut :
- des infrastructures : pistes et réseaux express vélo ;
- des véhicules bien réglés selon quelques règles très simples telles que la bonne distance de la selle au guidon ;
- des cyclistes sachant utiliser le vélo ;
- des véhicules adaptés au transport actif, trottinettes, kickbike, skate-board, roller, draisienne, Dreamslide, vélo, vélo couché, tricycle cargo, cargo cycle, triporteur, tricycle delta (comme le Hase), tricycle caréné, vélomobiles, etc.
Tout cela se met en place lentement, grâce au patient travail de femmes et d’hommes désintéressés, qui mettent le bien commun au-dessus de leur intérêt personnel.

Il faut aussi des livres tels que celui d’Hervé Bellut qui revient, bien sûr, sur les avantages du vélo, mais surtout qui a le grand mérite de lever méthodiquement et avec beaucoup de pédagogie toutes les objections habituellement soulevées quant à l’usage quotidien du vélo.

Il est une chose qui peut se faire tout de suite, c’est l’organisation de Bus Cyclistes  et c’est bien là l’apport le plus original de ce livre.
Dans la gamme des moyens à mettre en œuvre pour qu’augmentent les transports actifs, c’est sans doute la première chose à faire puisque cela ne coûte rien : ce n’est que de l’information qui circule, et cela peut être mis en place immédiatement. Le fait qu’il n’y en ait pas déjà davantage peut être considéré comme une marque de notre incapacité à nous organiser collectivement et interroge chacun sur sa propre passivité.

Dr Jean-Luc Saladin Médecin généraliste,
administrateur du Club des villes et territoires cyclables,
directeur de thèse à la faculté de médecine de Rouen.
veloetpotager.20minutes-blogs.fr

 

 

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